La Piscine au lycée des Métiers du Bâtiment – Sillac d’Angoulême (1/3)
Le dispositif de médiation culturelle mobile La Piscine est entré dans sa troisième année d’application. Dédiée aux porteurs de projets d’éducation artistique et culturelle (EAC) dans les établissements scolaires sous compétence régionale, La Piscine a été conçue par ALCA comme un dispositif immersif destiné à donner l’envie de lire, de créer, de débattre et de réfléchir ensemble. Riche de six fonds compilant chacun une centaine d’ouvrages et traversant des thématiques telles que l’Aventure, Manger et nourrir ou encore l’Amour, La Piscine et ses allures de cabinet de curiosités ont pris leurs quartiers de mars à juin 2026 au lycée polyvalent des Métiers du Bâtiment – Sillac, à Angoulême. Un mois après son installation, l’aventure a déjà bien démarré…
Composé d’une centaine de livres par thème choisi, de nombreuses ressources numériques et d’outils permettant aux emprunteurs de concevoir des projets d’EAC, le tout disposé dans un mobilier chaleureux et modulable, La Piscine offre toutes les clés pour construire en commun des projets culturels stimulants. En favorisant la rencontre avec des auteurices du territoire et en s’associant avec des structures culturelles voisines, enseignants et personnels éducatifs construisent autour du dispositif tout un programme d’interventions en lien avec les objectifs pédagogiques de leur établissement.
Au lycée professionnel Sillac d’Angoulême, l’enseignante en Lettres et Histoire Séverine Peytour et la professeure documentaliste Marie-Pierre Morlière ont pris les rênes du projet, encouragées par leur chef d’établissement, Monsieur Frédéric Missou. En ce début du mois d’avril, cela fait déjà trois semaines que La Piscine est installée au cœur du Centre de documentation, dans un agencement habilement pensé pour mettre en valeur les quelque deux cents ouvrages proposés sur les deux thématiques choisies : "Manger et nourrir" et "Bandes dessinées asiatiques". Trois intervenants ont été programmés sur les trois mois d’emprunt du dispositif : Quentin Guillon, auteur du livre De la terre à l’assiette, les éditions Flblb, spécialisées en bande dessinée, roman-photo et flip-books, et L’École du Crayon de Bois, association de médiation culturelle autour du dessin et de la BD.
Tandis que les deux premiers sont déjà intervenus dans le lycée, Séverine Peytour et Marie-Pierre Morlière font un point d’étape en revenant sur les objectifs attendus et la suite programmée des événements.
Qu’est-ce qui vous a incité à emprunter le dispositif La Piscine pour votre établissement ?
M.-P. M. : Habituellement, nous organisons surtout des petits projets concernant des Parcours d’éducation artistique et culturelle pour lesquels nous invitons en général un seul artiste intervenant originaire du Grand Angoulême. Nous souhaitions mettre en place un projet de plus grande envergure, avec des auteurs ou des opérateurs culturels issus de toute la Nouvelle-Aquitaine, et avoir accès à un plus grand nombre de livres. Les thématiques proposées nous intéressaient, en particulier celle sur « Manger et nourrir », qui nous paraissait accessible pour nos élèves, notamment ceux de la classe UPE2A[1], que nous avons particulièrement ciblée en empruntant ce dispositif. Quant à la bande dessinée asiatique, c’est le genre que nos élèves lisent le plus.
Quels étaient vos attentes et vos objectifs pédagogiques avec ce projet au long cours ?
S. P. : Je souhaitais que mes élèves en UPE2A puissent accéder à des livres en français, faciles à lire. Or, dans les fonds proposés, il y a des livres jeunesse qui sont très accessibles. Je voulais également une diversité de choix pour les sensibiliser à tout ce qui peut exister comme formats ou genres de livres. Ce sont des élèves qui arrivent de différents pays et certains d’entre eux n’étaient pas scolarisés antérieurement.
Pour les élèves de terminale professionnelle, mes objectifs étaient de faire le lien avec le thème du baccalauréat cette année, qui est "Rythme et cadence de la vie moderne, quel temps pour soi ?", dans lequel on aborde notamment la question de la Slow Food. C’est ce qui nous a incitées, sur les conseils d’ALCA, à demander à Quentin Guillon d’intervenir dans cette classe.
J’ai pris en note ce que nous avons fait lors de cet atelier pour rédiger des questions/réponses assez courtes et amusantes qui paraîtront sur le site du lycée et afin de donner un compte rendu assez exhaustif à mes élèves à leur retour de vacances pour pouvoir nourrir des exemples en vue de la rédaction du baccalauréat.
Comment les élèves et leurs professeurs se sont-ils emparés du dispositif depuis qu’il est installé dans l’établissement ?
S. P. : Les élèves viennent s’installer dans La Piscine pour lire lorsqu’ils passent au CDI. Nous l’utilisons également pour notre quart d’heure lecture. Mais actuellement, tous les élèves, quasiment, sont en période d’examen, ils sont donc moins disponibles pour la lecture plaisir. À l’exception des élèves de l’UPE2A pour lesquels nous allons prolonger l’emprunt du dispositif jusqu’au 4 juin.
M. P. : Lorsque les autres enseignants de l’établissement viennent avec leurs élèves, ils les laissent libres de choisir les livres qu’ils veulent. Le plus souvent, les jeunes sont attirés par les mangas.
Avez-vous travaillé en concertation avec d’autres membres du lycée, enseignants ou personnels éducatifs ?
S. P. : La prochaine intervention, avec L’École du Crayon de Bois, concernera une classe de CAP, avec une autre enseignante de Lettres. Par ailleurs, nous avons proposé une visite de La Piscine à plusieurs de nos collègues. Je fais également venir, après les vacances de Pâques, une école primaire et la classe UPE2A du collège voisin pour leur présenter le dispositif, avec un retour prévu sur les flip-books réalisés lors de l’atelier mené par les éditions Flblb auprès de mes élèves d’UPE2A.
Comment avez-vous pensé ces interventions avec des élèves issus d’établissements extérieurs au vôtre ?
S. P. : Au départ, nos élèves allophones ont un faible niveau en français. Ils ont bien progressé durant l’année et cette rencontre vise en premier lieu à valoriser leur travail. Ils vont présenter des livres qu’ils ont choisis à des élèves de CP, sans avoir le stress de présenter un texte écrit et de subir un jugement.
Le thème de la nourriture est parfaitement approprié, car il va permettre de créer du lien. Mes élèves ont sélectionné, par exemple, un livre de recettes africaines qui leur plaît beaucoup. Les jeunes de l’UPE2A collège, de leur côté, vont également choisir des livres qu’ils vont nous présenter. Je pense que cela va permettre d’instaurer un dialogue.
De plus, ces élèves invités font partie du bassin Éclore (c’est-à-dire en Réseau d’éducation prioritaire) et ils seront amenés à venir dans notre lycée. Cette intervention permettra donc de leur montrer ce que l’on y fait et leur donnera, je l’espère, envie de venir.
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Propos recueillis par Marie-Pierre Quintard
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