"Dans Fifib, il y a indépendant"
Communiqué de presse du Fifib
Publié le
13/10/2026
En soutien au Fifib, ALCA diffuse son communiqué de presse, suite à l'annonce d'UGC Bordeaux d'organiser un festival aux mêmes dates, avec les mêmes films, dans la même ville.
"En mars 2026, le FIFIB (Festival International du Film Indépendant de Bordeaux) annonce la fin de son partenariat avec UGC Bordeaux pour investir une salle du Théâtre national de Bordeaux-Aquitaine (tnba).
Ce déménagement est un choix assumé : construire une nouvelle dynamique pour la 15e édition, du 2 au 7 novembre, avec un nouveau village du Festival au Square Dom Bedos, un partenariat renforcé avec l’Utopia, salle historique du Festival, et une coopération avec le tnba, dont nous admirons les choix de programmation et qui avait déjà accueilli les trois premières éditions du FIFIB.
En mai 2026, le FIFIB signe, aux côtés de plus de 2 800 professionnel·les du secteur, la tribune "Zapper Bolloré", qui alerte sur la concentration croissante des pouvoirs dans l’industrie culturelle et cinématographique. Un combat qui n’a rien d’abstrait : via Vivendi, Vincent Bolloré contrôle déjà Canal+ et ses filiales, et en octobre 2025, Canal+ avait déjà acquis 34 % du capital d’UGC, avec la perspective de porter sa participation à 100 % d’ici 2028.
En juin 2026, Samuel Loiseau, directeur des opérations France et Belgique d’UGC, rencontre la Région Nouvelle-Aquitaine. Cet échange est relaté dans un article de Sud Ouest du 23 juillet 2026. Selon les propos rapportés par Charline Claveau, vice-présidente à la culture, et Frédéric Vilcocq, directeur de cabinet d’Alain Rousset, il exprime son mécontentement et demande à la Région d’intervenir auprès du FIFIB pour rétablir le partenariat.
Son argument : un festival devrait rester neutre et s’abstenir de toute prise de position politique.
Face à leur refus, des semonces ont suivi : "le groupe [UGC] envisageait de faire pression sur les producteurs et distributeurs pour obtenir les films du FIFIB à l’UGC aux mêmes dates que le festival".
En octobre, les intentions prennent forme. Les trois multiplexes UGC de Bordeaux annoncent le festival The Big Screen (Orwell n’y aurait évidemment vu qu’une coïncidence), une première édition programmée exactement aux mêmes dates que le FIFIB, avec les mêmes tarifs et, pour le moins, deux films communs à l’affiche : les films d’ouverture et de clôture.
Deux œuvres d’émancipation qui interrogent les normes, les dominations et les assignations, les mécanismes de contrôle et de répression, deux films que nous sommes particulièrement fier·es de défendre au FIFIB :
• La Bola negra, de Javier Calvo et Javier Ambrossi, qui explore la condition homosexuelle dans une Espagne franquiste rongée par le fascisme dont les traumatismes continuent de marquer la mémoire collective.
• Mariage au goût d'orange, qui s’inscrit pleinement dans l’œuvre de Christophe Honoré où les normes de genre et les rapports de pouvoir ne sont certainement pas des sujets décoratifs.
La liberté d’entreprendre ne consiste pas à programmer les mêmes films au même moment en espérant que personne ne remarque la différence. Le public du FIFIB est tout à fait capable de faire ses propres choix. Nous lui faisons confiance. Défendre l’indépendance, c’est respecter l’intelligence et la liberté des spectateurs mais c’est aussi refuser qu’un rapport de force économique se fasse passer pour de la liberté de programmation.
Au FIFIB, nous ne considérons pas les spectateurs comme des clients et nous pensons que ce n’est pas une carte ou un abonnement qui va dicter leurs choix. Mais puisqu’il est ici davantage question de grande distribution que de cinéma, on finira sur cette maxime : Le client est roi."
L’équipe du FIFIB