Les éditions Le Verger des Hespérides fêtent leurs 20 ans
Publié le
24/02/2026
En 2026, quatre maisons d’édition néo-aquitaines fêtent leur anniversaire. L’occasion pour ALCA de mettre en lumière ces structures et parcours singuliers en publiant une série de courts entretiens avec leurs fondateurs et fondatrices. Ancienne reporter indépendante, Véronique Lagny-Delatour a créé les éditions Le Verger des Hespérides en 2006. D’abord implantée en Lorraine, l’éditrice s’est installée en Charente-Maritime il y a quatre ans pour poursuivre une démarche éditoriale ouverte sur le monde et ses problématiques.
Véronique Lagny-Delatour : Avant d’être éditrice, j’écrivais des reportages à l’étranger. J’avais commencé à collecter des contes, que j’ai proposé à plusieurs éditeurs. J’ai ainsi été publiée par L’Arbre debout, par une maison d’édition suisse et par Didier Jeunesse. Puis j’ai souhaité créer ma propre maison pour pouvoir garder ma liberté, continuer de faire mes propres choix et rencontrer d’autres auteurs.
J’ai ainsi naturellement dédié l’une de mes premières collections, "Patrimoine oral", à la publication des contes traditionnels.
Véronique Lagny-Delatour : Toutes les publications sont destinées à des lecteurs curieux du monde qui les entoure : qu’il s’agisse des autres cultures – avec les collections autour des contes – ou des problématiques du monde d’aujourd’hui, vues à travers les yeux d’enfants ou d’adolescents – avec les collections "Humanistes en verve" ou "Du coq à l’âme".
Les ouvrages sont surtout des romans destinés à la jeunesse, mais pas à la petite enfance. Les seuls albums que nous éditons reprennent des contes issus de la tradition orale et sont publiés en bilingue français-anglais, avec une partie audio qui permet de les écouter dans leur langue originale.
Véronique Lagny-Delatour : Ce ne sont jamais des textes que l’on pourrait trouver en bibliothèque et qui seraient traduits ; ils sont toujours issus d’un travail de terrain. Je vais dans les pays et je collecte des contes, sans souci d’exhaustivité. Je n’enregistre pas, je prends des notes, pour rester concentrée au maximum. Écrire me permet de me rendre compte des incohérences, de ce que je ne comprends pas bien et je peux ainsi interroger immédiatement la personne que j’ai en face de moi. Je me suis fixée un minimum de 24 contes par recueil, avec une variété dans le fond et la forme : l’idée est d’avoir une diversité de structures et des histoires qui racontent la culture du pays et son système de valeurs. J’assume moi-même cette partie du travail car cela rejoint le métier que j’exerçais avant et correspond à ce que je suis.
Véronique Lagny-Delatour : Un jour, il va falloir que j’arrête mon activité et j’aimerais que Le Verger des Hespérides ne disparaisse pas. C’est la transmission de cette maison qui me préoccupe le plus actuellement.