Precarious Workers Brigade
Plutôt qu’une force de transformation sociale, l’enseignement supérieur semble devenir le lieu d’une acculturation à la précarisation du travail qui caractérise les formes d’exploitation contemporaines. De la mise en concurrence des formations à l’atomisation de la condition étudiante, du développement de l’alternance à la multiplication des stages non rémunérés, les étudiant·es apprennent davantage à répondre aux attentes du marché du travail qu’à s’en émanciper, au sein d’une économie de la promesse qui incite à accepter aujourd’hui les bas salaires et le travail gratuit dans l’espoir d’obtenir demain l’emploi de ses rêves. À la fois essai critique, manifeste politique et boîte à outils pédagogique, cet ouvrage présente la traduction, inédite en français, d’un texte de la Precarious Workers Brigade. Elle s’enrichit d’un entretien avec la sociologue du travail gratuit Maud Simonet, d’un article sur la professionnalisation de la politiste Laurène Le Cozanet et de ressources sur le travail de l’art et son enseignement en France. À l’injonction de se montrer toujours plus employable, les auteur·ices répondent en célébrant la solidarité et l’organisation collective.
L’ouvrage a été traduit de l’anglais par Julia Burtin Zortea. Il est préfacé par Silvia Federici