Élie Ramanankavana lauréat de la résidence d’écriture francophone Afriques-Haïti 2026
Saint-Louis du Sénégal – La Rochelle (17) – Lormont (33)
Publié le
26/01/2026
Élie Ramanankavana, lauréat malgache de la résidence d’écriture francophone Afriques-Haïti 2026, est accueilli en résidence la Villa Saint-Louis Ndar (Sénégal) puis à La Maison des écritures de La Rochelle (17) et enfin, à la Villa Valmont (Lormont, 33), en février, mars et avril 2026. Cette résidence est co-portée par ces trois structures de résidence, dans le cadre d’un partenariat entre ALCA, l’Institut des Afriques (IdAf) et l’Institut Français du Sénégal, avec le soutien de la région Nouvelle-Aquitaine.
Élie Ramanankavana, poète, romancier et critique d’art, né à Antananarivo en 1995, est l’un des tenants de la nouvelle génération d’écrivains malgaches. Entre mémoire, oubli et violence, il s’est forgé une réputation d’écrivain au verbe impétueux. Elie Ramanankavana a publié les recueils de poésie Mille naissances pour quelques morts, aux éditions Edern, Encre et lumière, aux éditions Mpariaka Boky. Il a exposé Litanie pour une mère et Sans voix, à Hakanto Contemporary et a participé à l'Anthologie de l'année poétique, Chemin de liberté chez Seghers.
Le projet de roman d’Élie Ramanankavana, Peau noire, Île Rouge, explore les rapports entre peuples colonisés en mettant en scène un face-à-face inédit entre la figure du tirailleur sénégalais et le peuple malgache. À travers Ba, tirailleur engagé dans la répression de l’insurrection anticoloniale de 1947 à Madagascar, le récit déplace le regard du schéma classique colonisateur/colonisé vers une lecture centrée sur la nature des liens entre colonisés eux-mêmes. Entre le Sénégal et Madagascar, le roman traverse des paysages à la fois géographiques et intérieurs, où se nouent culpabilité, stigmatisation, solidarité contrainte et instrumentalisation des corps africains. En s’attachant à l’esprit tourmenté de son personnage, devenu malgré lui dépositaire de mémoires refoulées, Peau noire, Île Rouge interroge les violences durables produites par la colonisation et la transmission d’un trauma enfoui. Le roman ne cherche pas à désigner des coupables, mais à rendre lisible une histoire occultée, afin d’ouvrir un espace de lucidité et de confrontation avec le passé.
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